L'Endométriose

On estime que 10 à 15% des femmes en âge de procréer et près de la moitié des femmes infertiles en sont atteintes.

Elle altère la qualité de vie et peut avoir des conséquences psychologiques avec un retentissement sur la relation avec le partenaire.

Cette maladie peut s’étendre au-delà de l’appareil génital et atteindre d’autres organes. L’atteinte digestive le plus souvent localisée au recto sigmoïde existe dans 20% des endométrioses ; c’est pourquoi il est primordial de réaliser un bilan exhaustif de la maladie reposant sur l’examen clinique et l’imagerie afin de proposer une prise une charge adaptée ; si la chirurgie est proposée elle doit être faite en un temps opératoire unique.

En cas d'endométriose un diagnostic par imagerie médicale peut être pratiqué:

- L’échographie pelvienne endovaginale est le premier examen à effectuer, il permet d’ établir un état des lieux quasiment exhaustif de la maladie endométriosique intra et sous péritonéale.

- L’IRM pelvienne, avec opacification du rectum au gel échographique en cas de suspicion clinique d’atteinte digestive, confirme et repère d’éventuelles lésions supplémentaires. Cependant cet examen est insuffisant car l’opacification ne dépasse guère l’ampoule rectale, or la majorité des lésions digestives profondes incrimine la jonction recto sigmoïde et des localisations sus jacentes voire jusqu’au carrefour iléo-caecal (exceptionnellement le grêle).

- Un coloscanner doit compléter ce bilan minimal si l’atteinte digestive est suspectée cliniquement ou à partir du bilan initial ; il consiste en la pratique d’un scanner abdomino-pelvien avec opacification digestive basse à l’eau associé à une injection veineuse de produit de contraste iodé réalisé au temps veineux. Ainsi les atteintes digestives hautes seront au mieux individualisées.

- Une écho-endoscopie digestive impérativement faite sous anesthésie générale pour optimiser la rentabilité de cet examen confirme et surtout situe ces lésions, d’une part par rapport à la marge anale et d’autre part évalue la profondeur de l’atteinte musculeuse ou sous muqueuse. Cette attitude maximaliste peut paraître excessive mais doit être mise en balance avec la symptomatologie potentiellement invalidante et le bénéfice attendu d’une exérèse complète des lésions en un seul temps, idéalement coelio-chirurgicale, gage d’une amélioration significative de la qualité de vie et de la fertilité. Quant à l’irradiation scanographique de ces patientes en règle jeunes, elle est à pondérer par le fait qu’un seul coloscanner est effectué et que l’apport de cette imagerie, dans notre expérience, ne semble pas sous estimer la stadification de la maladie.

La chirurgie mini invasive:

La littérature a montré que la coelioscopie opératoire dans la chirurgie du colon donne des résultats tout à fait comparables à ceux de la laparotomie. Elle apporte un bénéfice certain puisque les suites post opératoires sont simplifiées ; douleurs moindres, réduction de la consommation d’antalgiques, reprise plus rapide du transit et une sortie précoce en moyenne au 5ème jour.

L’utilisation du bistouri à ultra sons (ultracision) facilite grandement la dissection et par conséquent optimise les conditions chirurgicales pour une exérèse aussi complète que possible des lésions.

L'information :

Il est essentiel que les patientes soient clairement informées non seulement de l’attitude thérapeutique proposée, des améliorations escomptées, du pourcentage de grossesse obtenue (38 à 60%) , des alternatives au traitement chirurgical quand c’est possible, mais aussi et surtout des complications potentielles car il s’agit d’une chirurgie à risques ( 7 à 12% de complications selon les séries) .

Par le Dr E. SAUVANET - Chirurgien gynécologue - Centre de santé COSEM

Sites Internet:

www.hpsj.fr/

www.endofrance.org/

Publié le Jeudi 10 Mars 2011  par Carine Jacobs

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Ce site respecte les principes de la charte HONcode. Vérifiez ici.